Samuel Ryan est un webdesigner et freelance américain qui a écrit un excellent article sur les 10 choses à ne pas faire lors d’une relation client / travailleur indépendant. Titre original du post :  » 10 Absolute « Nos! » for Freelancers « .

C’est à la fois drôle et criant de vérité, à tel point que je m’y reconnais quasiment totalement. A quelques détails près quand même et je vais ici les exposer en reprenant ses rules une à une.

1) Pouvez vous faire une proposition graphique pour nous aider à choisir notre futur prestataire ? Non !Tout travail mérite salaire et même un brouillon reste du travail. Une « propal », comme on dit, est un point assez sensible dans la négociation. Il est tout à fait légitime pour le client d’en demander une, surtout dans le cadre d’une compétition. C’est aussi un peu normal qu’il demande à voir ce qu’on a dans le ventre avant de nous lâcher quelques milliers d’euros. Mais il est aussi légitime pour le freelance de demander à ce qu’elle soit rémunérée. Surtout quand on doit rendre dans la même propal 2 pages maquettées du site plus un audit ergonomique.
Pour l’instant je n’ai pas eu à dire non à qui que ce soit, on m’a soit choisi sur portofolio et mes propals ont été rémunérées. Pour donner un ordre de grandeur, j’ai facturé 700€ ma dernière propal pour un gros site. J’y ai passé du temps, mais quoi qu’il arrive au final, je n’aurais pas perdu d’argent.

2) Vous pouvez me faire un prix ? Non !Bon il est un peu dur le Samuel là. Suivant le projet, suivant le client, on peut très faire une petite ristourne. Par contre, il ne faut au grand jamais travailler a perte. Ca m’arrive de casser les prix, notamment pour les amis, mais je ne bosse jamais gratuitement ou a perte. D’une, j’ai pas le temps pour, et deux, la relation presta/client est tronquée car pas de pression ou de rigueur imposable. Faire un prix oui, bosser à perte non.

3) Assurez vous l’hébergement du site ? Non !JAMAIS ! C’est pas non, c’est jamais ! Comme dit Samuel, c’est un très bon moyen de faire de la marge. On prend un OVH à 3€ par mois et on le facture 50€, les petits client n’y verront rien, ça marge à mort, mais c’est de la folie. Parce que le jour où le serveur tombe, c’est vous que le client va appeler à 6h du matin pour le remettre en marche, pas OVH. Certains client n’hésiteront pas à vous facturer le manque à gagner qu’a pu provoquer la coupure du serveur. OVH de son coté, vous dira que ce n’est pas pris en charge dans le contrat de location. L’enfer commence…

4) Pouvez vous copier ce site ? Non !Ce cas là mérite d’être nuancé un petit peu. C’est vrai que copier/coller un site n’a rien d’éthique, d’enrichissant ou de remarquable. Je ne le ferais jamais et d’un coté, je vois pas très bien qui pourrait demander ça. Par contre, il est fréquent d’avoir un ou plusieurs sites de référence pour appuyer un brief. Pour moi c’est important, ça me permet de comprendre les goûts de mon client et de savoir à quoi il est sensible graphiquement parlant.

5) Je peux vous payer avec mes futurs revenus générés par mon site e-commerce ? Non !Alors ça, ça arrive plus souvent que l’on pourrait croire. Ca rejoint déjà pas mal le point 2) et surtout la part de risque est énorme. C’est un procédé beaucoup utilisé dans la production de film, spectacles aux US. Tout le monde, ou presque, est payé sur les recettes et non sur l’investissement. C’est une question de mentalité. Pour ma part j’ai pas trop d’avis, parfois il faut savoir faire les bons risques. Ce qui est sûr, c’est qu’il faut se renseigner un maximum sur le projet et ses fondateurs avant quoi que ce soit. Si le projet est porteur avec des associés avec de gros backgrounds, je pense que je serais susceptible de signer un contrat exotique.

6) J’ai une super idée. Ca vous dit de… ? Non !Donc cas similaire au 5), pas la peine de revenir dessus. Même si des parts de sociétés sont encore plus attrayantes qu’un intéressement sur bénéfices. Ou l’inverse.

7) Vous êtes sur Skype ? Msn ? Gtalk ? Non !Ahaha, elle m’a bien fait rire celle là car j’ai quasiment tous mes clients sur messageries instantanées. C’est aussi ça la modernité. Et franchement je ne m’en plains pas trop, voir pas du tout. Ca nous permet d’échanger rapidement et facilement des infos sans la latence protocolaire d’un email. Je dirais même que ça peut faire gagner du temps. Je reste dispo en journée pour toutes questions ou requêtes, comme je le serais avec un téléphone ou par mail. Après c’est sur, que quand on a 30 clients sur Skype qui décident de vous demander quelque chose le même jour, ça peut faire un peu beaucoup. Mais encore une fois, quelle est la différence avec le téléphone ?
Un conseil, centraliser tous vos clients sur un outil (Skype de préférence) et sur un compte. Réservez un autre compte pour les amis, la famille et votre moitier ;)

8) Je peux tout vous payer après livraison ? Non !Comme un projet peut s’étaler sur des mois, il est toujours bon de prendre un premier paiement à la commande. Ca sensibilise le client à l’achat qu’il est en train de faire, et non qu’il fera. L’investissement est donc à parts égales tout au long du projet et les relations n’en sont que plus saine. Pour l’instant, je marche à la confiance (c’est mal je sais), mais je suis en train de rédiger un contrat de vente en béton avec mon avocat pour rendre ce genre de conditions contractuelles. Et oui, j’ai un avocat ;)

9) Serait il possible de faire ça cette nuit ou ce weekend ? Non !Comme le dit si bien Samuel, il ne faut pas mal habituer son client. Si on peut bosser une nuit pour lui à titre exceptionnel, pour lui ça peut juste vouloir dire qu’on peut bosser la nuit tout court. Il faut savoir poser des limites, au client bien entendu, mais aussi et surtout à soit même. Il est aussi facile de se sentir flexible, en aménageant comme on veut sont temps de travail, que de se pourrir une bonne soirée ciné !

10) Je peux être sur que réutiliserez pas ce travail pour quelque d’autre ? Non !Cette partie s’adresse surtout au développement à mon sens. Car alors qu’il est impensable de reprendre la même charte graphique pour deux clients, il est tout à fait possible de reprendre pour un nouveau projet des codes déjà réaliser pour un autre. Il ne sert à rien de réinventer et recoder la roue à chaque nouveaux projets.
Après, on peut imaginer une close de non concurrence dans l’édition d’un programme. Je pourrais comprendre que si je trouve pour un site immobilier, il ne voudrait pas revoir son module sur le site de son concurrent, c’est tout à fait légitime. Mais tout cela à un cout. Une close de se type coute chère car c’est un manque à gagner évident pour le freelance.


Voilà ma vision. Par moment on croirait à une simple traduction de l’article de Samuel Ryan, mais c’est juste qu’on est assez d’accord dans l’ensemble. Je pense que je suis plus modéré que lui car surement plus jeune et plus naïf dans le métier.

La chose les plus importantes à mon sens sont d’assumer ses choix, de savoir dire « Oui ! » ET « Non ! » et surtout de savoir se créer nos propres règles. Après tout, on est pas devenu freelance pour se faire dicter des lois ;)

L’article m’avait été envoyé à l’époque par Jérémy.